dimanche 18 septembre 2016

Cité 19 - tomes 1 & 2

CITE 19
Stephane Michaka
Edition Pocket Jeunesse


Résumé : Ville Noire

Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l'a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifier le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu'il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d'un inquiétant personnage. Elle suit l'homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille… 150 ans plus tôt ! Pour Faustine, c'est le début d'une série d'aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l'Histoire.


Résumé : Zone Blanche

Faustine, une adolescente d'aujourd'hui, se retrouve brusquement plongée dans le XIXe siècle. Décor grandeur nature ? Voyage dans le temps ? La réalité est bien plus inquiétante... Tandis qu'elle s'enfonce dans les profondeurs de Cité 19, une ville qui ressemble à s'y méprendre au Paris du Second Empire, Faustine découvre qu'elle n'est pas la seule à vouloir détruire le simulacre. Mais elle doit faire vite : dans son laboratoire secret, le docteur Zapruder, qui a d'autres projets pour elle, guette le moindre faux pas de l'adolescente...


Ce que j'en pense

Chose assez exceptionnelle, j’ai décidé de ne faire qu’un seul article aujourd’hui pour vous donner mon avis sur les deux tomes de Cité 19. J’ai choisi cette option car je les ai lus à la suite et qu’il m’est difficile d’associer certains événements à l’un des livres plutôt qu’à l’autre. Toutefois rassurez-vous si vous n’avez lu que le premier, je ne vais pas vous spoiler l’intrigue du second.

Le début de cette duologie a su me séduire, on est plongé dans un univers extrêmement original qui change de ce qu’on peut souvent trouver en YA. On a ici une jolie combinaison entre le thriller et l’historique. J’ai aimé l’ambiance qui s’en dégageait, cette découverte du Paris du XIXème mêlée à l’angoisse d’un assassin présent dans les plus sombres ruelles de la capitale.

Cependant, au bout de la moitié du premier tome, on est face à un retournement de situation certes nécessaire, mais qui m’a fait un peu déchanter. Je m’explique. Forcément on attend une explication, ou du moins un début d’explication quant à la présence de Faustine dans ce Paris du passé, mais la révélation qui nous est transmise fait basculer ce début si prometteur dans quelque chose de beaucoup plus classique. Et même si c’est bien ficelé et que ça reste intéressant, j’ai été un peu déçue tant les premiers chapitres m’ont plu.

Malgré cette petite déception, le reste du roman (et le tome deux, dans la lignée de la seconde partie du premier opus) est haletant et nous propose un mélange des genres intéressant. Très addictif, il devient difficile de quitter Faustine. Personnage que j’ai énormément aimé et qui a certainement contribué à diminuer la déception précédemment évoquée. C’est une jeune femme forte sans être badass, qui utilise son cerveau à bon escient.

Je conclue en vous recommandant cette duologie. Ses qualités sont nombreuses et peut-être serez-vous moins contrariés que moi à propos de ce retournement de situation !

mercredi 14 septembre 2016

We were liars


WE WERE LIARS
E. Lockhart
Edition Delacorte Books

Résumé

A beautiful and distinguished family.
A private island.
A brilliant, damaged girl ; a passionate, political boy.
A group of four friends — the Liars — whose friendship turns destructive.
A revolution. An accident. A secret.
Lies upon lies.
True love.
The truth.


Ce que j'en pense

J’ai commencé ce livre sans vraiment savoir où je m’aventurais, j’avais entendu beaucoup de bien à son sujet et notamment à propos de son intrigue qui vous retournait complètement l’esprit mais, je l’avoue, je restais un peu sceptique sur ce dernier point.

Finalement j’ai, moi aussi, été surprise. Peut-être que l’expression « retourner complètement l’esprit » est un peu forte mais l’envie de savoir et le montage de scénarios divers (et toujours faux) étaient bien présents. Ce qu’il m’a particulièrement plus dans ce livre, c’est qu’on a cette attente de la révélation finale sans pour autant se focaliser là-dessus en oubliant de « vivre » le reste du roman. L’auteur sait doser son suspense en nous donnant des réponses au fur et à mesure.

J’ai également apprécié l’ambiance du livre. On suit Cadence qui, peu à peu, s’éloigne de la ligne de conduite définie par sa famille. Elle cherche à s’affranchir de ce culte des apparences qu’on lui enseigne et se faisant, elle se rend compte à quel point tout cela est malsain. Et j’ai donc bien aimé cette combinaison de cet aspect malsain avec le cadre de l’intrigue, cette île, l’été, où tout semble paradisiaque s’il l’on ne fait pas plus attention.

Ma lecture, si elle n’a pas non plus été celle de l’année, était agréable et prenante. C’est un livre que je vous recommande !

mardi 13 septembre 2016

Sommeil

SOMMEIL
Haruki Murakami
Edition Belfond


Résumé

Une femme, la trentaine. Elle est mariée, elle aime son mari. Le matin, elle prépare le repas. L’après-midi, elle prend la voiture pour aller faire les courses. Parfois, elle va nager à la piscine. La nuit, elle relit Anna Karénine. Elle vit sa vie comme un robot. Car cette femme ne dort plus depuis dix-sept nuits. Du coup, la femme fait des rêves, étranges, beaux, angoissants ? Ou peut-être est-ce la réalité ?


Ce que j'en pense

Haruki Murakami est un auteur que je voulais découvrir depuis longtemps, un peu impressionnée par son œuvre, j’ai préféré commencer par une de ses nouvelles. Je l’ai choisie par hasard, attirée par la superbe version illustrée disponible à la médiathèque.

Je ressors confuse de ma lecture. Je ne suis pas sûre d’avoir vraiment saisi ce qu’il y avait à saisir. J’ai trouvé le cheminement agréable, porté par une merveilleuse plume, mais arrivée à la fin je ne savais plus vraiment où j’étais. Un peu comme lorsque l’on émerge d’un rêve qui nous semblait délicieux quand on le vivait mais qui, au réveil, nous laisse une sensation de flou. Peut-être était-ce le but de l’auteur ?

Je pense toutefois que ce texte était un peu trop étrange pour moi même si le but était effectivement de perdre le lecteur entre rêve et réalité. Le texte était très onirique et sans réelle intrigue à laquelle le raccrocher, j’ai été perturbée. L’aspect chimérique des illustrations ne m’a pas aidé même si, pour le coup, elles représentaient à merveille le texte.

Comme vous avez pu vous en rendre compte, cette nouvelle me laisse un étrange souvenir. Je ne peux même pas vraiment dire si j’ai apprécié ma lecture ou non tant elle était particulière. Je pense réessayer un autre texte de Haruki Murakimi, mais plutôt un roman cette fois-ci.

dimanche 11 septembre 2016

A ma place


A MA PLACE
Claire Huynen
Edition Le Cherche Midi


Résumé

«Ce qui me laissait plantée là, je n’arrivais pas à l’exprimer. Pourtant, j’en comprenais confusément le sens. C’était quelque chose de l’ordre de l’adieu. Pas à la maison. Pas à Franck, non plus. Mais à notre amitié. […] Je savais que nous ne nous retrouverions pas. Mais je restais fidèle. Pas à lui, mais à mon passé. À ce qui restait de lui en moi. Et, pendant toutes ces années, je n’ai pas voulu voir. Je n’ai pas voulu voir qu’il ne partait pas. Je n’ai pas voulu voir, alors qu’il évitait de me côtoyer, qu’il prenait place dans ma vie. Qu’il se glissait dans ma famille. Qu’il s’enroulait autour des miens. Qu’il occupait mes amis. Qu’il habitait mes engagements. Pour ne pas me quitter vraiment, il avait pris ma place.»


Ce que j'en pense

Quelque chose dans le résumé de ce court roman m’a intrigué, peut-être la perspective de m’immerger dans la moelle d’une relation, d’une relation qui s’essouffle. Ce n’est pas forcément mon genre de livre habituel mais sortir de sa zone de confort est toujours une bonne idée.

J’ai apprécié ma lecture même si je pense qu’elle s’effacera assez vite de ma mémoire. C’est un texte sur le vif ; il se lit d’une traite, vous touche puis, doucement, s’évanoui. Je ne suis pas sûre de réussir à vraiment vous expliquer ce que je ressens mais j’ai eu l’impression qu’il était comme cette relation qui s’efface. Ce besoin de se remémorer ces instants pour pouvoir passer à autre chose, continuer.

J’ai trouvé le sujet original et vrai. Original parce que rarement abordé, que ce soit dans la littérature ou dans le quotidien de manière plus générale. Perdre quelqu’un qu’on a aimé est triste mais parfois inévitable, voire nécessaire, néanmoins l’acceptation de cette perte est rare. Vrai parce que tout le monde vit cette situation même s’il est peu commun de la crier haut et fort.

Le texte se lit presque comme une déclaration officielle, les phrases sont courtes et percutantes. Elles sont directes, ne se perdent pas dans le superflu. En plus d’être très belle, cette forme d’écriture m’a semblé propice à cette histoire.

C’est donc un petit livre que je vous recommande si vous souhaitez vous plonger dans la réalité, dans la réalité brute.

jeudi 18 août 2016

Une histoire de sable

UNE HISTOIRE DE SABLE
Benjamin Desmares
Edition Rouergue


Résumé

Passer les vacances d'hiver avec ses parents dans un bled sinistre du bord de mer, c'est un peu la déprime. Mais dans les rues où Jeanne se perd chaque jour un peu plus, elle croise deux garçons.
Prénoms ringards, fringues atroces, coupes au bol, Bruno et Alain semblent tout droit sortis des années 80. Plantés devant une vieille baraque, ils n'ont définitivement pas le look habituel. Et plus Jeanne apprend à les connaître, plus elle se perd dans leurs mystères...
Une histoire d'amour aux frontières du réel.


Ce que j'en pense

Le résumé de ce livre annonçait une petite histoire assez simple, un joli moment pas trop prise de tête, même si je fais confiance aux éditions Rouergue pour proposer des romans qui ne se limitent pas à ça. J’étais curieuse, du coup, de ce qui se cachait derrière cette histoire de sable.

Je ressors déçue de ma lecture, pour plusieurs raisons. La première, et la principale, est le personnage de Jeanne, notre "héroïne". Je l’ai trouvée détestable et j’en suis arrivée à lui souhaiter tout le malheur du monde. En pleine crise d’adolescence, elle agissait envers sa famille de manière ignoble, bien au-delà des frontières du tolérable. J’étais d’autant plus agacée que ses parents, eux, prenaient bien souvent cela à la légère. Non, non et non.

J’ai également été gênée par la trop grande confusion dans l’intrigue. L’auteur frôle les limites du réel, sème le doute et je me suis perdue. Tout en voyant à peu près où il voulait en venir, j’ai trouvé le cheminement étrange, déstabilisant mais pas d’une façon que vous trouvez géniale après coup. Il y avait du potentiel pourtant, le récit cherche à dénoncer un phénomène actuel d’une façon qui, en théorie, est plutôt chouette. En pratique cependant ça coince ; peut-être qu’il manque quelques pages pour vraiment enraciner l’intrigue ?

Vous l’aurez compris, je suis complètement passée à côté de ma lecture. Lecture que j’oublierai probablement bien vite…

mercredi 17 août 2016

Le garçon qui courait plus vite que ses rêves


LE GARÇON QUI COURAIT PLUS VITE QUE SES RÊVES
Elizabeth Laird
Edition Flammarion


Résumé

Solomon rêve de devenir champion olympique de course. Lorsque son grand-père lui demande de l'accompagner à Addis Abeba, il n'ose y croire ! Mais au coeur de la ville, le vieil homme est soudain victime d'un malaise et s'effondre. Seul Solomon peut courir chercher de l'aide au village, à vingt kilomètres de là, battant tous les records...

Première phrase : Dans mes rêves, je cours, encore et toujours.


Ce que j'en pense

J’ai eu envie de lire ce livre pour ses deux thématiques principales : la poursuite de ses rêves et le sport, par la course à pied plus précisément. Les deux m’intéressant beaucoup, j’étais curieuse de voir comment l’auteur allait les traiter dans ce roman destiné aux plus jeunes.

C’est une jolie petite histoire qui fait voyager son lecteur jusqu’en Ethiopie. On y rencontre Solomon, notre personnage principal, humble et courageux, il m’a plu. Au fur et à mesure de notre lecture, on découvre qu’il rêve d’être l’un de ces célèbres marathoniens éthiopiens mais qu’il n’ose pas l’avouer à sa famille. Un voyage va bouleverser sa vie.

C’est un roman très jeunesse qui offre une belle morale à ses lecteurs. S’accrocher à ses souhaits et se donner les moyens de les réaliser en y travaillant dur. Ça peut paraître comme une évidence pour certains mais c’est quelque chose que l’on dit bien trop peu à mon sens (j’ai plus souvent entendu l’inverse durant mes années collège d’ailleurs, « c’est pas réaliste, bla, bla. »). Bref, ça fait du bien de le voir écrit noir sur blanc.

Au-delà de ça, c’est parfois un peu trop plein de bons sentiments mais vu le public visé, on peut lui pardonner. Et puis, il est facile d’en faire abstraction et de s’immerger dans notre lecture et de partager sa grande aventure avec Solomon.

Vous l’aurez compris, c’est un livre parfait pour de jeunes lecteurs, qui transmet de jolies valeurs. Plus âgés, vous passerez aussi un chouette moment mais la moelle du texte fera peut-être moins écho.

dimanche 24 juillet 2016

Americanah


AMERICANAH
Chimamanda Ngozi Adichie
Edition Folio
Coup de coeur !


Résumé

« En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire. »
Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?

Première phrase : Princeton, en été, n'avait pas d'odeur, et si Ifemelu appréciait le calme verdoyant de ses nombreux arbres, ses rues propres et ses majestueuses maisons, ses magasins aux prix subtilement exagérés et son air tranquille, immuable de grâce méritée, c'était cette absence d'odeur qui la séduisait le plus, peut-être parce que les autres villes américaines qu'elle connaissait dégageaient toutes des effluves caractéristiques.


Ce que j'en pense

Americanah est un livre qui me tentait depuis longtemps mais je n’avais pas le courage de m’y plonger, allez savoir pourquoi. C’est finalement grâce à Cassandra et à son club de lecture que j’ai sauté le pas, et j’en suis absolument ravie.

C’est un texte intelligent, qui porte un message et le délivre avec subtilité. Découvrir le racisme et la discrimination présents aux Etats-Unis du point du vue d’une noire non-américaine est particulièrement intéressant ; les clichés sont dépassés, pas de fausse retenue, le récit est honnête. Ce livre porte à la réflexion, il observe, analyse et propose des explications mais laisse le lecteur faire son propre cheminement de pensée, valider ou non les propos de l’auteur.

Malgré cette vocation à disséquer un sujet actuel, la lecture n’est pas celle d’un essai ennuyant. C’est vraiment à travers l’histoire de ses personnages que l’auteur aborde ce qui lui tient à cœur. Le récit se découpe entre des passages, majoritaires, centrés sur Ifemelu et d’autres axés sur Obinze, si ces derniers ne m’ont pas intéressée outre mesure, j’ai été captivée par l’existence d’Ifem. C’est un personnage que j’ai adoré dans sa complexité. On a face à un être humain aux multiples couleurs, loin d’être un archétype manichéen.

En refermant le livre, j’ai eu un pincement au cœur, je ne voulais pas quitter ma lecture. J’avais encore envie qu’Ifemelu m’ouvre l’esprit avec son histoire. C’est un roman aux nombreuses qualités que je vous conseille absolument.